Depuis juin dernier, c’est un Algérien diplômé de l’université de Sétif qui est à la tête de la stratégie d’investissement de la province du Québec pour devenir leader mondial dans les matériaux de batterie et du stockage d’énergie.

Il s’agit de Karim Zaghib, un chercheur et spécialiste mondialement reconnu dans le domaine de stockage d’électricité. Une sommité mondiale dans son domaine, avec un CV impressionnant : l’Algérien cumule pas moins de 550 brevets, 425 publications en plus d’être auteur ou co-auteur de 22 livres.

Recruté par les geants de l’industrie Japonaise…

Le parcours universitaire et professionnel de Karim Zaghib a commencé par un DESS en électrochimie à l’université de Sétif. Il s’est poursuivi en France à partir de 1986 où il obtient un doctorat de l’Institut polytechnique de Grenoble avant d’être séduit par les Japonais (Sony, Panasonic, Sanyo, Matsushita, entre autres) qui viennent le chercher en France.

Au pays du Soleil levant, il a travaillé chez Sony avec laquelle il a conçu les premières batteries au lithium, ce matériau dont regorgent les mines québécoises et qui donne l’ambition à la province de devenir un producteur mondial, dans un premier temps. C’est sans doute ce qui a suscité l’intérêt des Canadiens pour son profil.

Le Québec, le nouveau départ de Karim Zaghib

Karim Zaghib est arrivé au Québec en 1995 après avoir été embauché par Hydro-Québec, l’équivalent de la Sonelgaz ‎locale, qui est allée le chercher au Japon. Au Québec, il passera 25 ans dans la même entreprise. Il présidera son Centre d’excellence en électrification des transports et en stockage d’énergie qui fait travailler une vingtaine de nationalités, dont des Algériens.

Karim Zaghib y a développé des batteries compactes plus performantes que celles disponibles actuellement sur le marché. Ce centre de recherche est au cœur d’un secteur en plein boom. Il n’y a qu’à penser aux voitures électriques et le déclin de celles utilisant l’essence. D’ailleurs, le Québec en interdira la vente à partir de 2035.

En juin dernier, il quitte Hydro-Québec pour rejoindre l’équipe d’Investissement Québec, en tant que conseiller stratégique au comité de direction. L’ambition est de faire du Québec un chef de file en matière de véhicules électriques, selon les médias canadiens.

Prêt à aider son pays l’Algérie

En novembre 2019, Karim Zaghib reçoit le Prix Lionel Boulet, la plus haute distinction attribuée par le gouvernement du Québec à une personne qui a mené une carrière remarquable en recherche dans le domaine industriel.

À cette occasion, il avait remercié l’Algérie, la France et le Japon. « Des pays où j’ai eu la chance d’être formé. Ces pays m’ont inculqué les valeurs universelles dont l’honnêteté, la créativité, la rigueur, la discipline, le respect, la ténacité, la persévérance, la générosité et l’amour des autres », avait-il affirmé après avoir témoigné de sa gratitude au Québec, « sa terre d’accueil depuis 25 ans ».

Karim Zaghib dit aussi qu’il est prêt à aider l’Algérie. D’ailleurs, il attend une réponse qui serait imminente du gouvernement algérien sur une série de propositions qu’il vient de faire au premier ministre Abdelaziz Djarad.