Le choix de la ville de Tamanrasset sera renforcé par une batterie de mesures favorables au développement des outils de planification permettant d’impliquer directement la population locale, a-t-elle précisé.

Dans le cadre de la visite qui l’a conduite dans la wilaya en fin de semaine, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a mis en exergue tous les atouts motivant le choix de Tamanrasset comme ville pilote du tourisme écoculturel.

Ce choix, précise-t-elle, sera renforcé par une batterie de mesures favorables au développement des outils de planification permettant d’impliquer directement la population locale dans les actions de valorisation et de préservation de leur patrimoine, notamment dans les régions enclavées. L’objectif premier, ajoute-t-elle, consiste à asseoir une vision partagée et commune dans la gestion du patrimoine éco-culturel de l’Ahaggar, à même d’adopter des mécanismes en relation avec le développement durable des parcs culturels de manière à répondre aux impératifs de la conservation de la biodiversité, de la préservation écosystémique et du développement socioéconomique des populations vivant sur ce territoire.

L’exposé présenté par le directeur national du Projet des parcs culturels en Algérie, Salah Amokrane, explique clairement les grands axes de cette nouvelle feuille de route ministérielle. Il évoque aussi les accords d’une gestion collaborative d’un tourisme durable, lesquels devraient être concrétisés à travers l’installation d’un comité chargé de suivre et de coordonner la mise en œuvre des programmes d’écodéveloppement et de la promotion de l’écotourisme au niveau de l’ensemble des parcs concernés, et ce, en coordination avec les autorités locales et l’Office national du parc culturel de l’Ahaggar.

La ministre a également souligné l’intérêt d’associer les microentreprises dans cette démarche, à travers des mécanismes leur permettant de contribuer à la valorisation du patrimoine culturel, et de là, renforcer l’attractivité touristique de cette région qui, faut-il le noter, renferme des richesses patrimoniales inestimables. La réaction des tour-opérateurs de Tamanrasset qui assistent impuissants à l’agonie de leur secteur depuis plus de 10 ans ne s’est pas fait attendre. Pour Mohammed Sollah, membre actif de l’Association des agences touristiques de la wilaya, la promotion de ce secteur est tributaire d’une réelle volonté politique.

Même réaction chez Bey Ben Malek, chef de d’une agence de voyages, qui en a visiblement assez des promesses sans lendemain. “Le peu d’espoir qui nous restait s’est envolé lors de la dernière sortie de la délégation gouvernementale présidée par le ministre de l’Énergie et des Mines qui s’est assigné la mission d’accélérer l’exploitation de l’or ainsi que d’autres richesses fossiles dans le grand Sud.

La banderole arborée par la wilaya où l’on pouvait lire le slogan “Du pays des hydrocarbures, au pays des mines” est révélatrice : point de place au tourisme, regrette notre interlocuteur qui a préféré s’orienter vers l’élevage camelin que de pleurer éternellement la mort préméditée du secteur touristique dans une wilaya qui n’a rien à envier à certaines destinations internationales. Pour le locataire de l’hôtel Tin Hinan, Slimane Frouhat, la promotion du tourisme saharien doit d’abord passer par la levée des contraintes bureaucratiques imposées par l’administration locale.

À ce titre, il cite l’exemple de cette infrastructure d’hébergement verrouillée depuis des mois par la direction locale du tourisme, alors qu’elle dispose d’un permis d’exploiter dûment signé par les autorités compétentes après avoir dépensé des sommes d’argent colossales pour sa réhabilitation.