Véritable musée à ciel ouvert, la wilaya de Naâma compte plusieurs sites archéologiques, dont des gravures rupestres de plus de 8000 ans avant JC. Des actes de vandalisme mettent en danger ce patrimoine, selon des associations locales.

Gribouillis, écrits, graffitis et peintures altèrent et mettent en danger un legs archéologique et humanitaire qui nécessite en urgence un plan de protection et de réhabilitation. L’alerte est donnée par des associations locales lors d’une rencontre sur l’environnement. La wilaya de Naâma compte en effet plusieurs sites archéologiques, notamment ceux de Tiout Nord et Tiout Sud, respectivement découvert en 1847 et en 1967.

Tiout Nord fut la première découverte de l’Art Rupestre au monde, l’une des plus ancienne manifestations visibles de l’homme dans la région et les premières du genre en Afrique du Nord à être connues de l’Occident.

Découverte par une expédition française, cette station est réputée pour sa fresque « Histoire de chasse » d’une longueur de 19 mètres et dont les symboles, datant de plus de 8000 ans avant JC, relatent des scènes de vie de l’homme primitif.

Le Dr. F. Jacquot, qui faisait partie de la colonne du général Cavaignac venue prendre possession des Monts des Ksour écrit : «De singulières images… sont gravées sur le roc et représentent… tantôt des chasses, tantôt des scènes… on voit figurer l’éléphant, le lion…, les guerriers sont armés de l’arc… les femmes portent au coude des bracelets…»

La seconde station, quant à elle, comprend des panneaux avec des représentations de trois éléphants de 1,80, 1,28 et 1,15 m de hauteur. Ils présentent trois styles, trois techniques de trait et trois profils différents ainsi que trois formes d’oreilles différentes, alors qu’ils sont incontestablement de la même époque, selon les chercheurs de l’époque. D’autres représentations sont à signalées, dont un personnage portant des plumes sur la tête, un âne sauvage et des animaux difficiles à identifier.

Ainsi, la région est un véritable musée à ciel ouvert. Pour les représentants des associations locales- Titaouine, Ighezer, Agherm-akdim, les Amis de l’Atlas, les Amis de Tiout et Arc-en-ciel- il est essentiel de répertorier toutes les roches comportant des gravures, en plus de soutenir la recherche spécialisée sur les vestiges et les gravures rupestres. Mais la priorité consiste en la délimitation de l’espace abritant ces gravures, leur surveillance et leur classement parmi le patrimoine national sauvegardé.