La vallée de la Saoura est une région enclavée, que l’erg occidental serpente. Située au sud-ouest de l’Algérie, elle doit son nom à l’Oued Saoura formé par la confluence de Oued Zousfana et Oued Guir. Les gravures rupestres vielles de plus de 30.000 ans (Ghar diba, la « grotte de la louve ») nous renseignent sur la vie préhistorique, faite d’élevage et de cueillette.

Plus tard, la vallée devint grâce à son emplacement géographique, un passage incontournable des caravanes et un carrefour important, rapprochant la méditerranée à Afrique de l’ouest. On raconte à ce sujet, que le Sultan Noir (Lakhel ) Abû al-Hasan `Alî le sultan mérinide de Sijilmassa y séjourna.

La vallée de la Saoura est reconnaissable entre mille, grâce à ses caractéristiques géographiques, ses couleurs et sa diversité affirmée par la présence d’un sable ocre, qui contraste avec les paysages lunaires des régions du nord-ouest. Le chapelet des ksours de la vallée est quant à lui, le théâtre de célébrations mystiques.

Mysticisme et spiritualité

La vie des ksours s’articule autour d’un mysticisme cultivé depuis des ères lointaines. L’architecture des ksours est vielle de plus de 15 siècles, elle est l’emblème du génie de l’homme qui a réussit à dompter une terre aride et peu clémente. La construction, et l’aménagement des ksours illustrent et consolident la configuration sociale.

Parmi les principaux ksours, on compte celui d’ El Bayadh (el fantasia), on y célèbre encore aujourd’hui la parade des chevaliers, symbole du passé chevaleresque de la région. Par ailleurs, le ksar fut marqué par le passage de Cheikh Bouamama.

L’antique kenadssa, constitue le siège des Ziani, une confrérie fondée par Sidi Mohamed Ziane. La ville forteresse, compte certains édifices religieux tels que la mosquée De Sidi Ahmed Abderhamne, construite au XVII siècle. Aux alentours, Seule Béchar, une ville coloniale anciennement appelée Colomb-Béchar est de création récente .

Le vieux Ksar de Taghit Nessahra
Le vieux Ksar de Taghit

La fameuse Taghit, dite « l’enchanteresse » la perle du grand erg occidental, est quant à elle célèbre pour la fête du moussem, célébrée au mois d’octobre à l’occasion de la fin des travaux agraires.

Enfin, Beni abbès, constitue l’épicentre de la région; c’est un véritable foyer de pèlerinage, qui chaque année rassemble des milliers de fidèles venus de toute part pour Evènement majeur de la vallée de Saoura.

Toutes les zaouïas des ksours de la vallée se réunissent lors de la célébration du Mawlid (fête religieuse commémorant la naissance du prophète Mohamed); pendant laquelle les principaux pôles spirituels de la vallée de la Saoura ( Zaouia de Sidi M’hamed Ben Bouziane de Kenadsa, de Sidi Slimane Ben Bousmaha de Béni-Ounif, et celle de Sidi Ahmed Benmoussa Moulay de Kerzaz) convergent et célèbrent l’événement. Les bougies ornent les maisons et les chants liturgiques et prières résonnent jusqu’à l’aube .

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L’oasis de Taghit

« Par la célébration du mawlid, la communauté redevient contemporaine du Prophète. Elle « assiste » à la naissance de celui auquel elle doit son existence en tant que communauté ».* Le fait religieux comme vecteur social marque la société, et jalonne la vie quotidienne des contrées du Sahara; lla vallée de la Saoura ne déroge pas à cette règle. Le rite de par sa double fonction : célébration et communion, assure la pérennité du tissus social.

Leila Assas,