L’État de Riverland, en Australie abrite des palmiers algériens âgés de 120 ans. Ces quatre palmiers centenaires n’ont pas pris une ride et qui s’érigent fièrement à Barmera, sont devenus une simple attraction touristique. Pourtant leur histoire pourrait raconter le passé colonial de l’Algérie.

Ce sont les Français qui les ont pris à l’Algérie pour en faire cadeau à la colonie d’Australie du sud, déracinant des arbres dattiers de leur terre natale pour les implanter au pays des kangourous en 1894.

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Les palmiers dattiers, photographiés ici au lac Harry dans l’outback SA, produisaient jusqu’à 135 kg de dattes par an à leur apogée. (Fourni: Berri Barmera Local History Collection et Dave Reilly)

Ces quatre palmiers survivants font partie d’une culture de 50 palmiers, qui ont vu le jour dans la région de Biskra mais auraient été replantés puis déterrés du jardin d’essai à Alger. Les quatre palmiers actuellement situés à Barmera sont les seuls survivants de la cinquantaine offerts à l’Australie.

Dans une coupure de presse datant de 1894 et extraite du journal « The Argus », on peut découvrir une brève dépêche qui évoque ce présent fait par la France. L’article écrit : « Le gouvernement français est sur le point d’offrir aux colonies des Nouvelles Galles du sud et de l’Australie du sud, 50 palmiers dattiers issus du jardin Hamma à Alger. Ils sont de la variété Deglet Nour ».

Renaissance éternelle

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Une photo en noir et blanc de grands arbres grutés sur un vieux chariot de chemin de fer pour être attachés.
Ces palmiers dattiers cultivés en Algérie ont parcouru la moitié du monde en bateau, en bateau à aubes et en train avant de se retrouver dans leur maison de Barmera. (Fourni: Berri Barmera Local History Collection et Dave Reilly)

Dans les années 1890, les palmiers ont quitté l’Algérie pour Marseille, avant d’être embarqués sur le paquebot « Ville de la Ciotat », un navire affecté jusqu’en 1904 aux traversées à destination de l’Australie, à Adélaide.

The Argus archive palmiers France Australie Nessahra

Leur périple ne s’est pas arrêté là, ces palmiers ont été maintes fois déplacés à travers plusieurs régions de l’Australie avant d’être définitivement plantés, trouvant ainsi leur nouvelle demeure en Australie-Méridionale à Oodnadatta.

Finalement au bout de 20 ans, ils seront replantés plus au sud du pays. La force de ces palmiers est inouïe, puisqu’ils survivront à un voyage extrêmement long, où ils seront plantés et déracinés à plusieurs reprises.

Les palmiers dattiers devenus globe-trotteurs ont toujours su retrouver leur nature à travers ces différents lieux, introduisant ainsi la culture de la datte en Australie. En effet, ces arbres parvenaient à produire jusqu’à 130 kg de dattes chaque année.

Toujours debout

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Les quatre palmiers dattiers Deglet Nour restants à Barmera font l’objet d’un lifting dans l’espoir de produire à nouveau des fruits et de devenir une halte touristique (ABC Riverland: Laura Collins)

Ces palmiers laissent ainsi une trace de l’exploitation française de l’Algérie alors qu’elle était sa colonie. Derniers survivants de leur famille, ils ont pourtant longtemps été laissés à l’abandon au point de ne plus produire de fruits. Passé l’effet de la nouveauté, les Australiens se sont mis à moins s’en occuper, laissant de côté ces palmiers qui ont survécu malgré tout.

Depuis quelques années le comité d’amélioration de Barmera a décidé de les prendre en charge en leur offrant un nouveau système d’irrigation, qui pourrait les aider à produire à nouveau des dattes et en faire un objet de visite pour les touristes. Une énième renaissance pour ces palmiers centenaires.