Depuis une semaine les artisans pécheurs et autres propriétaires de petits métiers occupent l’espace marin entre Boudouaou El Bahri à l’ouest et Dellys à l’extrême Est soit un littoral de 100 km le but traquer le thon rouge , ce gros poisson migrateur, qui emprunte un couloir marin à partir de Gibraltar et des îles Baléares avant de rejoindre les côtes libyennes pour pondaison et repartir vers un long voyage vers l’Atlantique.

Cette ruée quasi habituelle depuis trois ans est lancée la première semaine du mois de Mai avec l’apparition des premiers bancs de thon rouge tout prés du rivage .C’est l’alerte chez ces amateurs qui loin de posséder le matériel et l’équipement de grands armateurs et des licences d’exploitations font leur pêche au palangre ,ce sont des centaines d’hameçons spéciaux accrochés sur un palangre avec de la sardine comme appât sur plus de trois kilomètres qu’on traîne pendant des heures dans l’attente d’une touche, une technique très répandue en Algérie nous explique Kamel Hamadache pêcheur occasionnel « il faut un investissement en matériel avoisinant les 300.000 DA pour entamer cette pêche et bien sur de gros bras ».

La pêche au thon est très pénible et dangereuse « On peut passer huit à dix heurs en mer avec tout les risques de changement météo » ajoute t il. Ce dernier très chanceux vient de ‘sortir’ son premier thon ce matin sur la côte de Zemmouri le spécimen avoisine les 300 kg et déjà la photo de la pêche fait le tour des pages Facebook. Les réseaux sociaux c’est aussi le lieu où chaque pêcheur affiche ses exploits.

C’est déjà les premières tractations avec les détaillants .Hier le kilo de thon rouge est cédé entre 1300 et 1400DA ,de Cap Djinet à Corso, chez la centaine de petits revendeurs; le thon est partout, sur le bas côté poussiéreux ,au niveau des ronds points et au niveau de certains marchés occasionnels qui apparaissent à chaque mois sacré de ramadhan, le coronavirus peut attendre.

Une pièce comme celle pêché par Kamel peut rapporter entre 390 000DA et 420 000DA net. Au vu de l’abondance actuelle Kamel et ses amis ne désespèrent pas de pêché d’autres thonidés pendant ce mois sacré de quoi satisfaire beaucoup de familles en cette période de crise sanitaire avant le lancement officiel de la campagne 2020 prévue du 26 mai au 01 juillet prochain, où 23 thoniers seront concernés par cette campagne, où l’Algérie s’est vue accordée un quota de pêche de 1.650 tonnes de thon rouge, sur une réserve totale de 36.000 tonnes autorisée à la pêche par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA), selon le directeur du développement de la Pêche au ministère, Mr Kadour Omar.

Cette pêche au thon rouge devait renflouer les caisses du Trésor public

On estime à 14 millions d’euros la valeur du quota 2019 pêché et vendu par les armateurs aux Tunisiens, Espagnols et Maltais, principaux clients achetant le thon pêché en Algérie. Les redevances payées par les armateurs- thoniers de la dernière campagne se sont élevés à 76 millions de DA en taxes émises à l’établissement des licences de pêche, au profit du Trésor public.

La campagne de pêche au thon rouge en haute mer internationale
La campagne de pêche au thon rouge en haute mer internationale
La campagne de pêche au thon rouge en haute mer internationale
La campagne de pêche au thon rouge en haute mer internationale
La campagne de pêche au thon rouge en haute mer internationale
La campagne de pêche au thon rouge en haute mer internationale