Ces deux collectivités comptent une superficie 881 464 ha de terres favorables à la culture. Alors que seuls 15 648 ha sont exploités.

Les wilayas d’In Guezzam et d’In Salah, jouissant d’énormes potentialités agricoles, détiennent 98% des terres arables qui demeurent non exploitées. C’est le constat établi lors de la dernière session ordinaire de l’APW de Tamanrasset. D’après le rapport de cette assemblée élue, ces deux collectivités, situées respectivement à 400 et à 700 km de Tamanrasset, comptent une superficie de 881 464 ha de terres favorables à la culture. Cependant, seulement 15 648 ha sont actuellement exploités, dont 8663 ha, soit 55%, sont irrigués traditionnellement et 960 ha (6%) à l’aide des rampes ou pivots d’irrigation. Selon le même document, 37% des agriculteurs de ces deux régions arides utilisent le système d’irrigation de goutte-à-goutte et le drainage qui obéit aux nouvelles techniques de micro-irrigation. Force est de constater que les moyens mis en place demeurent insignifiants, comparativement aux potentialités existantes dans ces wilayas, qui comptent une superficie de 816 100 ha destinée aux besoins de pâturage. Face à cet état de fait, tous les motifs avancés par la direction locale des services agricoles ont été rejetés par les membres de l’APW, qui ont appuyé leur constat par des chiffres accablants et des statistiques qui laissent comprendre que les colossaux budgets consommés dans le grand Sud pour le développement de ce secteur stratégique n’auraient profité qu’aux démons du désert.

Les hauts responsables, qui peinent à trouver des solutions alternatives à la dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures, sont de nouveau interpellés pour revoir tous les mécanismes liés à la promotion du secteur agricole à In Guezzam et à In Salah afin de pouvoir mettre en pratique les recommandations des experts et des académiciens qui ont mis en exergue l’importance d’investir dans la formation et l’accompagnement des professionnels. L’APW de Tamanrasset a ainsi préconisé d’appuyer les filières agricoles en matière d’enseignement pour permettre aux agriculteurs de se mettre au diapason des nouvelles technologies et techniques adoptées dans ce secteur prometteur.




Les membres de la commission agricole auprès de l’APW ont toutefois soulevé plusieurs difficultés et manques sur lesquels butent les agriculteurs de ces régions sahariennes, dont l’inexistence d’une annexe de l’Office national de contrôle et de certification des semences, le manque d’approvisionnement en carburant des agriculteurs et éleveurs des zones enclavées et l’absence d’un plan d’urgence pour les éleveurs en période de sécheresse et pendant les moissons-battages. L’électrification rurale et le programme de raccordement des exploitations agricoles qui traîne depuis des lustres ont également été soulignés par la commission de l’APW, qui n’a pas manqué de soulever l’insuffisance des crédits alloués pour le forage des puits d’abreuvement et d’irrigation à In Salah et à In Guezzam, lesquelles dénombrent au total 206 puits artésiens.

L’accélération d’activer les commissions techniques chargées de recenser les grandes superficies arables et les surfaces agricoles favorables à l’investissement pour les classifier a été recommandée dans le rapport, qui a mis l’accent sur la nécessité de régulariser les dossiers des vieux périmètres agricoles et d’engager une vaste opération d’assainissement du foncier agricole relevant du domaine privé de l’État, lequel devait normalement être destiné à l’investissement dans le cadre de la mise en valeur des terres par la concession.